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Anecdotes Improbables

Aujourd’hui, sur un site célèbre que je ne nommerai pas (bon, d’accord, c’est Reddit), il est question de partager des anecdotes incroyables qui nous sont arrivées.

J’en ai mentionné quelques unes, mais ce serait dommage de ne pas les partager avec vous aussi.

En voici donc trois :

 

Nous sommes en octobre 1994, je viens d’arriver à Toulouse, je n’y connais pas encore grand monde. C’est l’anniversaire de mon meilleur pote de l’époque. Il avait pour habitude d’organiser des fêtes qui étaient parmi les plus réputées de nos cercles sociaux. Cette fois-là, nous passions un weekend dans la maison d’un ami à lui au fin fond de l’Ariège.

Quand je parle de fêtes mémorables, n’allez pas imaginer un truc de folie non plus. Elles l’étaient surtout par leur échelle (plus de monde qu’une fête habituelle, durant plus longtemps, etc.) Il s’agissait juste de très bons moments passés avec plein de bons amis, anciens et nouveaux. Dans mes souvenirs, en plus des boissons et de la musique, il y avait eu aussi de nombreux jeux (la majorité d’entre nous étions des rôlistes et autres fans de jeux de plateau), des mini concerts improvisés par ceux qui savaient jouer de la musique, une partie de foot endiablée (aucun de nous n’était vraiment sportif) où le nombre de but n’avait aucune importance, avec des équipes rotatives (n’importe qui pouvait se joindre ou quitter le match à tout instant) qui s’est terminée sous la pluie et éclairée par les phares des voitures une fois la nuit tombée.

Ce weekend-là, j’ai fait la connaissance d’un certain nombre de gens qui allaient devenir mes amis plus ou moins proches lors de mes années toulousaines. Parmi eux, David. Un chouette type qui allait devenir un ami proche malgré notre homonymie. Il était le genre de personne avec qui tout colle dès la première rencontre et les premières discussions. Au bout de quelques heures, c’était comme si nous étions des amis de toute une vie. Nous sommes restés très proches durant toutes mes années toulousaines (1994-1998), puis nous sommes perdus de vue quand je suis parti aux États Unis. Les jeunes d’aujourd’hui ne se rendent pas compte de la difficulté de rester en contact avec les gens avant l’avènement de l’internet dès que l’on partait vivre à plus d’une ou deux centaine(s) de kilomètres. Nous nous sommes retrouvés à l’époque où Facebook servait à ça, puis perdus de vue de nouveau il y a quelques années. Je doute avoir de nouveau de ses nouvelles un jour. Mais qui sait ?

Mais revenons-en à cette fête dans cette maison ariégeoise en octobre 1994. Il se faisait tard et tout le monde commençait peu à peu à se coucher. Certes c’était une grande maison à la campagne, mais y faire dormir une vingtaine de personnes n’était pas une sinécure. Les chambres étaient toutefois assez grandes pour y accueillir tout le monde à condition qu’un certain nombre d’entre nous dorment à même le sol. Cela ne nous faisait pas vraiment peur : nous faisions souvent des jeux de rôles grandeur nature à l’époque, quand on a dormi dans la boue avec un gros caillou comme oreiller, un sol recouvert d’une moquette, c’était presque du luxe. Et divers matelas en mousse ou de camping rendait la chose pas si rebuttante au final. Ce n’était ni la première, ni la dernière fois que nous nous installions de la sorte (mon ami avait pour habitude d’organiser ses fêtes pour des weekends entier, avec le plus de monde possible et dans des lieux parfois improbables).

Je dormais donc sur un petit matelas au sol. David dormait lui dans un véritable lit, juste au dessus de moi.

Toute la maisonnée s’était finalement endormie quand soudain, des paroles me réveillèrent. Paroles devenant rapidement un cri puis un hurlement de terreur comme je n’en avais jamais entendu auparavant (et probablement plus depuis).

“Non… Non… Non… NOOOOOONNNNN!!!!!!!!!!!!!!!!!!! AU SECOURS!!!!!!!!! À L’AIIIIIIDE!!!!!! LE TRAIN!!!! NOOOOOOONNNNNNN!!!!!!!”

Ce hurlement fut de suite suivi d’une vive douleur au ventre qui me fit crier aussi.

Je ne conseille à personne d’être réveillé de la sorte (sauf peut-être à mon pire ennemi ?)

Dans la chambre (et le reste de la maison ?) tout le monde se réveilla en sursaut et dans la plus grande confusion. Personne ne comprenait de quoi il en retournait. On alluma les lumières.

“Qu’est-ce qu’il se passe ?”
“Qui a crié ?”
“C’est David ?”
“Non, c’est pas moi, c’est l’autre David.”
“Tu n’as pas crié ?”
“Si moi aussi, mais de surprise et de douleur, c’est lui qui a crié avant.”

Je réalisai alors qu’il n’était plus dans son lit.

Nous balayâmes tous la pièce du regard. Il était prostré dans un coin, se réveillant lui aussi et ne comprenant pas tout ce remue-ménage.

Une fois ses esprits retrouvés, il nous expliqua enfin qu’un train lui avait foncé dessus, et pris d’une sorte de somnambulisme il tenta d’y échapper en sautant du lit… sur moi…

 

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Onze ans plus tard. Automne 2005. Entre temps, je suis parti aux US, puis j’en suis revenu. J’ai décidé de m’installer à Paris pour quelque temps dans le drôle espoir d’y terminer ma thèse. J’expliquerai les détails un jour si le besoin s’en fait sentir. C’est la fin de l’après-midi, je suis dans le métro, ligne 4, quelque part vers les Halles, rentrant chez moi (je venais de trouver un appartement en colocation dans le 10e arrondissement et je revenais probablement de la rive gauche). Un homme plus tout jeune (soixante-dix ans ? quelque chose comme ça) monte près de moi. Il est noir, mais pas africain, probablement antillais. Il a l’air assez en colère. Et au bout de quelques secondes, il commence à se lancer dans une tirade sans queue ni tête si on y prête pas attention. Si vous avez passé un peu de temps dans le métro parisien, vous devez vous demander pourquoi je trouve cette “rencontre” notable. Des fous dans le métro, il y en a malheureusement beaucoup. Peut-être parce que j’étais un nouveau venu à la capitale, j’ai commencé à écouter ce qu’il avait à dire au lieu de l’ignorer comme tout le monde et ce qu’il racontait était… étrange…

Il aurait fait partie du groupe de guérilleros qui, menés par Castro et Guevara, ont démarré la révolution cubaine. Il ne s’agissait, a priori, que de simples élucubrations d’un mythomane. Mais il y avait quelque chose, une telle intensité dans son récit, des détails qu’on ne trouve pas forcément dans les livres d’histoire, une émotion dans sa voix qui semblait ne pouvoir provenir que de véritables souvenirs.

Jusqu’à ce jour, son récit me fait encore douter… Et si un proche de Castro s’était réellement retrouvé, à moitié SDF et complètement fou, dans le métro parisien 50 ans plus tard ?

 

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Une dernière pour la route.

En fait, je ne suis pas présent lors de cette histoire, du moins pas exactement.

Nous sommes en 2009 ou 2010, toujours à Paris. Ce soir-là, j’avais une soirée pour le boulot (je travaillais au centre de recherche parisien de l’Université de Floride, et nous avions organisé une soirée pour les étudiants qui passaient le semestre en France comme nous le faisions de temps à autre). Ce même weekend, Greg était de passage à Paris. Donc il passait le début de la soirée avec François en attendant que je puisse les rejoindre. Vu que je n’allais probablement pas pouvoir le faire avant relativement tard, ils décidèrent d’aller dans un bar que François et Céline fréquentaient de temps en temps et où je les rejoignais parfois après le travail. Si mes souvenirs (et les indications de Google Maps) sont bons, il s’agissait de l’Experimental Cocktail Club dans le 2e arrondissement.
Nous y allions donc de temps en temps, mais pas assez pour y être considérés des habitués. Du personnel nous ne connaissions qu’une barmaid qui y travaillait en journée. Elle ne nous connaissait que vaguement, et pas par nos noms.

Il devait être aux alentours de 22 heures quand Greg et François arrivèrent devant le bar. Mais, problème, ce soir-là, le bar était réservé pour une soirée privée. Il fallait être sur la liste ou montrer patte blanche d’une façon ou d’une autre pour pouvoir y entrer. François annonça, sans trop savoir pourquoi, qu’ils étaient avec moi, énonçant mon nom complet au physionomiste. Physionomiste qui leur répondit “Ah, d’accord. C’est bon vous pouvez entrer.”

Ils ont passé une bonne soirée.

Avais-je un homynome parmi les organisateurs de la soirée ? Le physionomiste était-il un ami d’enfance ? Nous ne le saurons jamais.

Je les retrouvai plus tard dans la nuit, il s’empressèrent de me raconter l’anecdote, et sur le chemin du retour, nous croisâmes Jean-Paul Gaultier au volant de sa Rolls dorée…

 

Si ça vous a plu, faites-moi signe dans les commentaires, et j’essaierai de vous en raconter d’autres dès que j’y pense.

 

En attendant, cliquez-là :

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