Paris – Place de la Bastille, circa 1916

 

Ça c’est la Place de la Bastille, il y a environ 100 ans :

 

 

Et ça c’est une photo du même endroit datant du début du 21e siècle :

 

 

Sur la carte postale, on peut voir le bâtiment qui se tenait à cette époque à la place de l’Opéra Bastille. La Colonne de Juillet, quant à elle n’a pas changé depuis qu’elle a été érigée en 1840. Le bâtiment sur la gauche de la carte postale existe encore, du moins en partie, comme on le devine sur la photo (ou si vous vous rendez sur place).

 

Mais le verso de la carte est tout aussi intéressant. Il nous permet de nous plonger un peu plus en avant sur cette époque, et de mettre un nom – à défaut d’un visage – à l’un des combattants de la première guerre mondiale.

(cliquez dessus pour l’agrandir)

 

Je retranscris son texte ci-dessous, en me permettant de corriger quelques fautes :

 

Les tranchées (1), le 24-3-16

Mon cher Adrien,

Tu m’excuseras si je ne suis pas venu te voir avant de partir. Mes frères sont venus et le temps a passé.

Je viens de rejoindre mon régiment et je reprends la vie d’enfer. Je suis toujours à peu près (2). En attendant de tes nouvelles, reçois mon cher Adrien une cordiale poignée de main.

Ton ami, Merle

417e Infanterie 11e Compagnie J-P 76 (3)

 

(1) J’avais du mal à lire le lieu d’où il a écrit la carte, et je cherchais le nom d’un village, mais un lecteur (Olivier) m’a rappelé que les poilus n’avaient pas le droit de dire où ils étaient dans leurs courriers. C’est donc bien des « tranchées » qu’il écrit. Notons que Merle appartenait au 417e Régiment d’Infanterie, or j’ai pu trouver l’histoire de ce régiment, vous pouvez la lire ici si vous le souhaitez, et en mars 2016, il se trouvait à Vingré dans l’Aisne.

(2) Pas trop sûr de bien comprendre ce « Je suis toujours à peu près » ou alors peut-être une façon de l’époque de dire que ça va plus ou moins.

(3) Donc Merle était dans la 11e Compagnie du 417e Régiment d’Infanterie, mais aucune idée de ce que J-P 76 peut bien signifier. Si quelqu’un a une idée.

 

Finalement, j’ai essayé d’en savoir plus sur ce Merle. Je ne crois pas avoir beaucoup de cartes écrites par lui. Une ou deux de plus. Peut-être ? La mémoire me fait défaut. Son nom n’est pas mentionné dans l’histoire du Régiment mentionnée ci-dessus.

Quand je cherche plus de détails sur un combattant de la Première Guerre Mondiale (ce que je fais parfois quand je me penche sur la correspondance de mon grand-père) je vais voir dans les archives en ligne du Ministère des Armées / de la Défense. La seule partie un peu complète est le triste recensement des soldats morts pour la France. En cherchant parmi les Merle nés près du village du mon grand-père, d’un âge similaire au sien (ils semblaient être amis) et toujours vivants en mars 1916, j’ai trouvé un Jean Urbain Merle né en 1881 à Lamagistère (donc quatre ans plus vieux que grand-père et né à deux pas de chez lui).

Il est assez intéressant qu’il soit listé dans ces archives car il n’est pas mort au combat, ni même pendant la guerre. Il est mort à Nérac en 1919 de « maladie. » Le fait que ce soit mentionné sur sa fiche de décès du ministère me fait penser qu’il s’agissait d’un hôpital militaire, et je ne sais si c’est l’actualité qui me fait penser ça, mais je ne serai pas surpris si cette « maladie » était en fait la grippe espagnole.

Seul problème. Il est listé comme faisant partie du 11e régiment d’infanterie, pas du 417e. Mais… Car il y a un « mais »… Quand on se plonge dans l’historique du 417e, on apprend qu’il a en fait été dissous en 1917. Donc il a pu être réaffecté dans une autre régiment. Une recherche sur internet me dit que les bataillons du régiment sont partis pour les 167e et 168e régiments à sa dissolution, mais est-ce que cela affectait tous les soldats ? Aucune idée.

Donc aucune certitude s’il s’agit de lui ou non.

Nous verrons plus tard si nous trouvons d’autres cartes signées de son nom et contenant plus d’informations.

À suivre… ou pas…

 

Et si vous êtes tombés sur cet article un peu par hasard et vous vous demandez de quoi il en retourne exactement, tout est expliqué là :

Souvenirs d’un Nouveau Siècle

 

 

 

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